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Entretien avec le réseau OSTIA

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Ces 35 dernières années, chaque année, en moyenne en Labourd, Basse-Navarre ou Soule, l'agriculture a définitivement perdu 290 hectares (1) de terres ! Fréquemment, la terre est détournée de sa fonction nourricière et les ventes spéculatives se multiplient. De même, le logement est utilisé au service d’intérêts autres que les besoins fondamentaux de tou.tes : investissement financier, résidence secondaire, produit touristique, pour satisfaire l'appétit des promoteurs... Nous vous proposons un entretien avec des membres du réseau OSTIA mobilisé sur ces problématiques.

Mouvements sociaux

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18-07-2023
Entretiens

1- 10 050 ha ont été perdu entre 1985 et 2020 (artificialisation pour fonctions urbaines, habitat, zone économique, infrastructures) soit 290 ha chaque année en moyenne. On a beaucoup artificialisé… sans pour autant résoudre les problèmes du logement...
2- OSTIA : Okupazio sare tematsua iribazi arte (Réseau d’occupant.es déterminé.es jusqu’à la victoire)
3- Euskal Laborarien Batasuna, syndicat paysan affilié à la Confédération paysanne.
4- Organisme achetant des terres pour faciliter l’installation paysanne. https://lurzaindia.eu/
5- Groupe de Soutien à l'Occupation de Berrueta
6- Baigorri, Aiziritze, Izturitze, Aiherra, Ahatsa, Lakarri, Ainhoa, Senpere, Sara, Irisarri, Uztaritze, Donoztiri...
7- Il s’agit d’une opération de 45 maisons (30 T4 et 15 T5) toutes avec jardin et garage, vendues par Bouygues Immobilier, ainsi que 9 maisons et 40 appartements pour l’Office 64.
8- CADE : Collectif des Associations de Défense de l'Environnement du Pays-Basque et du sud des Landes. https://www.cade-environnement.org/
9- Vente spéculative d’un domaine de 52 hectares comprenant une maison, 7 hectares agricoles, un lac de 2 hectares et le reste de forêts. ELB, Lurzaindia, le collectif senpertar et OSTIA ont lancé l’occupation le 27 juin 2023.
10- La plateforme Se loger au Pays/Herrian bizi s’est constituée fin 2021 er regroupe une trentaine de mouvements, partis et syndicats pour mobiliser la population face à la crise du logement. http://herrianbizi.com/

Qu'est-ce que le réseau OSTIA et comment a-t-il été créé ?

Le réseau OSTIA (2) est le fruit des réflexions menées lors de l'occupation de Berrueta à Arbona en 2021 et du collectif BOST crée à cette occasion. Le 23 juin 2021, l'occupation des terres par ELB (3) et Lurzaindia (4) avait commencé pour dénoncer leur vente spéculative et défendre leur fonction nourricière. A la mi-juillet, le Collectif BOST (5) avait été créé pour organiser les personnes qui participaient à l’occupation et soutenir les paysan.nes. Fin août, la dynamique de répartition des jours d'occupation « 1 Commune = 1 Jour » était lancée et durait deux mois, élargissant la participation citoyenne. Le 9 septembre, ELB et Lurzaindia annonçait la rupture de la vente et décidaient de lever l'occupation le 24 octobre, après la fête de Lurrama organisée sur place. Une bataille était gagnée, certes, mais le problème restant prégnant, la réflexion se poursuivait au sein du collectif BOST pour donner une suite aux expériences vécues et aux contacts noués durant ces mois de lutte. Le jour de Lurrama, le collectif lançait une invitation publique, pour arrêter les projets fonciers spéculatifs par l’action directe, en donnant rendez-vous à toutes les personnes intéressées, le 3 novembre.

Ce jour-là, 60 personnes de différents endroits se réunissaient à Kanbo et décidaient de créer un réseau pour mutualiser les forces militantes et les ressources matérielles. Tout le monde partageait le désir d'agir et était prêt à y mettre de l’énergie, sans pour autant passer trop de temps en réunions et discussions.
Depuis, la nécessité d'une meilleure définition du réseau OSTIA s'est manifestée et en janvier 2023, une charte a été rédigée qui précise : « OSTIA est un réseau organisé au Pays Basque nord dont le but est de lutter pour défendre la terre nourricière, contre l’artificialisation des terres et la spéculation foncière et immobilière. »

Qui sont donc les membres de OSTIA et comment fonctionne le réseau ?

Des personnes ou des collectifs, comme il est écrit dans la charte : « Toutes les personnes le souhaitant, à titre individuel, qui partagent les principes de cette charte ainsi que les collectifs locaux qui en partagent les principes et le but. »
En termes de fonctionnement,, le réseau OSTIA est auto-organisé en dehors de toute intervention externe et les décisions sont prises lors d'assemblées entre membres ou participant.es aux actions. Autonome dans son action, il prend cependant en compte l’activité des autres structures et mouvements qui luttent sur le même terrain. OSTIA souhaite donner la priorité à l'action directe telle que l'occupation ou le blocage, afin de freiner les projets de spéculation ou d'artificialisation, en ciblant et en faisant pression sur les acteurs qui en sont responsables.

Quelle a été l’action du réseau OSTIA depuis sa constitution ?

Depuis 2022, les initiatives locales visant à dénoncer les ventes spéculatives ou l'artificialisation des terres se sont multipliées sur tout le territoire du Pays Basque Nord (6). Nous avons relayé les informations et soutenu ces mobilisations locales. Nous avons également participé à des actions organisées par Lurzaindia comme dénoncer le rôle ambigu des notaires, faire pression sur un acheteur spéculateur au cour d’un voyage à Paris ou bloquer la vente aux enchères d'un domaine d'Azkarate. En juillet 2022, nous avons travaillé sur l'initiative proposée par le collectif BAM d'Anglet et nous avons occupé une résidence de luxe construite par le promoteur Alday pendant 6 jours.

A cette occasion vous avez dénoncée une autre problématique...

Oui, nous avons posé publiquement la question : « Pour qui on construit-on? » En particulier sur la côte et le BAB, les règles de construction de logements sociaux dans les PLU (plans locaux d'urbanisme) sont souvent peu contraignantes et les promoteurs en profitent au moment de déposer des permis de construire. Ils déclarent par exemple 799 m², alors que l’obligation de construire des logements sociaux démarre à partir de 800 m² à Anglet ou se limitent à 14 appartements alors que le seuil imposant du logement social est à partir de 20, comme à Bayonne. Ils peuvent ainsi proposer des logements à 6, 7, 8 ou 10 000€ le mètre carré, la demande étant élevée de la part de personnes à hauts revenus, sans répondre aux besoins urgents de la grande majorité de la population. De tels logements deviennent des investissements financiers ou des résidences secondaires pour les riches. Nous avons donc voulu non seulement dénoncer l’appât du gain des promoteurs, mais aussi interpeller les maires afin que tous les projets de construction répondent en priorité aux besoins de la majorité.

 

Vous vous êtes aussi mobilisé.es sur le dossier Marienia à Kanbo...

La mobilisation contre le projet de construction de Marienia (7) a débuté en 2015 par le groupe municipal Nahi dugun Herria, Lurzaindia et le CADE (8). Recours juridiques, interpellations des élu.es et plusieurs mobilisations ont été organisées. Lors de la constitution du réseau OSTIA, les personnes impliquées sur Kanbo se sont naturellement retrouvées dans la démarche et ce combat emblématique est devenu un thème majeur pour OSTIA. Il est emblématique, car il est au croisement de deux problèmes : la pénurie de logements et l'artificialisation des sols. Au nom du premier, certains disent que nous devrions accepter le second. Il existe pourtant des alternatives et des espaces pour créer plus de logements dans la commune de Kanbo. A l'automne 2022, trois jours d'occupation de la zone ont été planifiés pour montrer la détermination à entraver le projet et expérimenter matériellement ce que nécessite une telle initiative. Ce fut un succès et il convient de noter que des agriculteurs de la FDSEA ont également participé à la manifestation organisée lors du week-end d’occupation. A la fin de l'année, nous avons symboliquement recouvert de terre la maquette du projet à l'agence de Bouygues à Anglet. Pour le moment, tant la Mairie que Bouygues et Habitat 64 sont dans l’attente de la décision de justice sur le recours déposé contre le permis de construire.

 

Et où en est-on pour les terres de Berrueta à Arbona ?

Après l'occupation de 2021, la vente spéculative avait été rompue. Bien que la Communauté d'agglomération Pays Basque se soit engagée à suivre le dossier, rien n’a été fait et au bout d'un an, le propriétaire a divisé le bien en deux lots et a trouvé des acheteurs. Un premier lot regroupe les deux maisons et 4 hectares pour lesquels il a trouvé des acheteurs, un riche couple parisien. Ceux-ci ont rapidement fait marche arrière après la visite-manifestation d'une délégation du Pays Basque. Les 12 hectares restants ont été achetés par Pauline Desurmont à hauteur de 16 000 euros l’hectare (soit le double de l'estimation de la SAFER) mais uniquement en « nue-propriété ». Autrement dit, pour mener à bien son activité d'élevage, elle paiera un bail au propriétaire jusqu’à l’achat de l’usufruit du bien en question.

Pourquoi cette vente en nue propriété ?

C'est un artifice pour éviter la préemption par la SAFER. C'est pourquoi celle-ci a porté plainte pour détournement de procédure. Depuis lors, il a été utilisé dans d'autres endroits comme Bidarrai, Baigorri ou Larresoro. Bien qu’ils répètent que ce ne sont pas eux qui font la loi, les notaires ont une grande responsabilité, tout à fait critiquable, dans ces affaires.

Des ventes spéculatives de maisons ou de terrains ont lieu presque tous les 15 jours. Que pouvez-vous faire ?

La propriété privée est présentée comme un « droit sacré » placé au-dessus de l'intérêt collectif. Les instruments qui empêchent légalement la spéculation sont limités. Cependant, il est indispensable de dénoncer publiquement les ventes spéculatives, de mobiliser la population locale. Cela suffit parfois pour que les vendeurs et les acheteurs se retirent. Mais dans tous les cas, cela sert aussi à étendre la prise de conscience et à maintenir par ailleurs la pression au sein de la société et en direction des institutions. Parfois, dans certaines conditions, l'occupation peut être un outil efficace, comme à Arbonne ou à Senpere (9). Il y a d'autres expériences intéressantes, comme à Sara, qui pourraient faire école. Après une vente spéculative, une manifestation a eu lieu suivie de deux réunions publiques auxquelles ont également participé plusieurs d'élu.es et le maire. Trois groupes de travail ont été créés : herriko diagnosia pour recenser les besoins en logements, les maisons vides, herri kontzientzia pour mener une enquête auprès des habitant.es et herritar sarea, réseau citoyen pour la gestion de l’offre et de la demande de logements au niveau de la commune, avec le soutien de la Mairie.

Ce printemps a aussi été marqué par la mobilisation des Soulèvements de la Terre. Qu’en pense le réseau OSTIA ?

Cette forte dynamique est très intéressante. L'automne dernier, nous avions eu des contacts avec des représentant.es des Soulèvements et pendant les trois jours d'occupation de Marienia, une réunion d'information avait eu lieu sur les mobilisations organisées. Des membres d’OSTIA et du groupe de jeunes d’ELB se sont rendu.es à la mobilisation de Sainte Solines en mars. Nous avons ensuite organisé avec ELB un rassemblement de dénonciation de la répression devant la sous-préfecture. Face à la menace de dissolution et en réponse à l'appel à la solidarité, nous nous sommes déclarés comité local des Soulèvements de la Terre. Depuis, nous avons organisé des rassemblements pour dénoncer les arrestations de militants et la dissolution.

 

Vous avez également travaillé les relations au niveau d’Euskal Herria ?

Lors de l’occupation d’Arbona nous avions été en relation avec des personnes impliquées contre un projet touristique à Lekaroz en Navarre, qui étaient venues assurer 24 heures d’occupation à Berrueta. Depuis, nous avons été contactés par la plateforme Euskal Herria Bizirik qui regroupe un grand nombre de collectifs d'Hegoalde qui luttent pour la défense de la terre ou contre des projets néfastes et polluants et nous avons participé à la manifestation du 20 mai dernier à Gasteiz. Ce fut l'occasion de faire connaître la situation du Pays Basque Nord. Ce travail de mise en réseau est essentiel pour faire connaître et renforcer les luttes locales.

La forêt de Juzan à Anglet et Maurizia la maison occupée à Baiona ont également fait l’actualité. OSTIA est-il intervenu ?

Pas directement. Dans ces deux cas, des collectifs se sont formés pour mener la lutte. Le rôle de OSTIA a été de diffuser les informations sur ces mobilisations et, dans la mesure du possible, de répondre à la demande d'aide en prêtant du matériel ou en fournissant des contacts.

En Pays Basque nord, il existe d'autres structures et beaucoup d’autres initiatives travaillant sur ces problématiques, notamment la plateforme Herrian Bizi (10). Comment vous positionnez-vous ?

La terre et le logement, prisonniers de la logique capitaliste, deviennent de plus en plus des marchandises, au lieu de répondre à nos besoins essentiels, se nourrir, s’abriter. La prise de conscience des conséquences que nous subissons tou.tes s'est répandue dans la société du Pays Basque nord et ces deux dernières années, les mobilisations se sont multipliées, de l'occupation des terres d'Arbonne à celle du domaine Olha de Senpere, sans oublier les grandes mobilisations populaires et les actions directes de différents mouvements. Toutes ces initiatives et toutes ces structures sont complémentaires. Elles sont toutes précieuses et nécessaires, face à la dimension et la complexité des problèmes du logement et de la terre auxquels nous faisons face. Ils maintiennent un état d'alerte vivace dans la population et en direction des élu.es. Ils se renforcent aussi mutuellement. Beaucoup de personnes participantes à OSTIA font d’ailleurs partie de ces autres structures et participent à leur mobilisation. OSTIA n’est en concurrence avec personne. Nous avons choisi volontairement de garder une structure légère et nous privilégions le soutien aux dynamiques locales. La journée de mobilisation que nous avons organisée ce 15 juillet 2023 va d’ailleurs dans ce sens : faire vivre et renforcer mutuellement les dynamiques locales.

 

Pour contacter ou suivre les actions du réseau OSTIA :

telegram : t.me/okupazioak
facebook.com/ostiasarea

 

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