Ezkermila
  • Proposer un article
  • Publier un RDV
  • Lettre d'info
  • Recherche
  • Contact
  • Euskara
Toggle Navigation
  • Accueil
  • Grain à moudre
  • Entretiens
  • Mémoire
  • Lu ailleurs
  • Agenda
  • À propos d'Ezkermila

Revoir nos copies

crsak
Hartzea Lopez Arana

Les années à venir s’annoncent terribles. Les crises interdépendantes de l'économie, du climat et des réfugiés crispent la société et provoquent le désespoir. Dans la confrontation entre les empires, il ne manquerait plus que deux puissances entrent en guerre pour empirer la situation.

Stratégies

{up readmore=Laburpena euskaraz | textless=Laburpena hetsi | class=up-readmore resume-eus}Artikulu honen euskarazko bertsioa euskarazko interfazean publikatua da. {/up readmore}

26-06-2021
Grain à moudre

Ou que ne survienne une catastrophe environnementale encore plus forte. Tout est possible, et nous ne savons pas si nous pourrons encore vivre sur cette terre à la fin du 21ème siècle. La peur s'ajoute à la peur, suite aux effets du COVID-19 et aux mesures autoritaires imposées pour gérer l’épidémie. Entre temps, le fossé entre les élites et les classes populaires se creuse toujours plus, renforçant les nationalismes les plus rances et le contrôle social. Les idées d’extrême droite progressent et les militaires et les policiers multiplient les appels à une intervention armée. La répression contre les manifestations populaires est systématique (en Colombie et en Palestine récemment), avec toujours plus d'impunité et de violence.


Aussi, les années à venir s’annoncent spéciales. Les révoltes contre les mesures économiques libérales, les dictatures, les violences policières se succèdent à un rythme régulier, réactivant les mouvements populaires. Ce sont des grèves générales, manifestations et blocages, des résistances multiformes porteuses de solidarités, de fermeté et d’illusions, avec leurs particularités, sans partis ni groupes armés. Ce sont des explosions temporaires qui laissent des traces et enthousiasment, surtout pour les jeunes en première ligne. En France, l’abstention croissante à chaque élection marque de plus en plus le fossé entre les tenants du système et les peuples. Ce n'est pas Mai 68 mais il y a des similitudes. Et, en Euskal Herria, nous observons les premiers signes d'un changement : le processus de paix à un carrefour, un courant marxiste-léniniste renforcé, la réapparition d’initiatives indépendantes, des débats, une jeunesse qui semble concernée et déterminée. Cette période de questionnements et de reformulations marquera sans doute les prochaines étapes.


En Ipar Euskal Herria, nous avons compris que le sujet du logement sera une bataille centrale. Ainsi, nous aurons la possibilité de clarifier les positions. Qu'est-ce qui est efficace, populaire, symbolique ? Avec qui lutter, contre qui, dans quel but ? Ces discussions arrivent à un moment assez particulier, car aujourd’hui les abertzales ont de plus en plus de poids dans les institutions et les dynamiques citoyennes se renforcent. Après tout, nous traversons la même période d’incertitude que les mouvements et les syndicats de gauche du monde entier. Réformisme ou révolution ? Le résultat sera à suivre avec attention, car toutes les hypothèses sont permises.


Dans ce panorama, nous ne marchons pas sur deux jambes. Il nous manque un mouvement révolutionnaire organisé, solide, horizontal, capable d'articuler cohésion, diversité et projections. Nous avons certes des exemples riches et des initiatives dispersées. Est-ce donc une question de temps, de volonté, de méthodologie ? Chacun fera sûrement son propre chemin et vouloir préparer en amont un mouvement plus solide est une tâche compliquée. La spontanéité s’oppose à une structuration plus sérieuse, qui elle met en évidence les conflits de relations et de pouvoirs internes. De plus, nous avons avant tout tendance à nous accommoder de ce qui nous entoure, en attendant d’éventuels jours heureux.


Alors, que faire ? On en reste là ou on rebat les cartes ? Car, en Euskal Herria, il y a une autre particularité. Lorsque vous démarrez et mettez en place une stratégie, un objectif, une idée, elle éveille très vite de l'intérêt et les potentiels de développement se concrétisent. Ce n'est pas une parenthèse entre deux discontinuités, mais bien un levier pour continuer à long terme. Pour cela, il faut clairement y voir du sens et de l'utilité, du cadre et de l'horizon. Et c’est surtout à ce niveau-là que nous échouons.


Qu'est-ce que cela exige ? Poser des diagnostics, esquisser des parcours, critiquer et s’autocritiquer. Prendre des risques, se comprendre, innover, perdurer. En évitant les vérités absolues, les coquilles vides et le spectacle, et en redonnant place à la confiance, en prenant soin de la démarche, parce que nous avons tous à (ré)apprendre à agir de manière claire et cordiale. Questionner les habitudes acquises, de façon constructive. Au lieu d'insister sur ce que les autres font de mal, se rendre compte de ce que l’on fait, sans rien attendre en retour. Au vu du relâchement de nombreux militants qui ont perdu perspectives et illusions, réinventer les formes de participation et d'efficacité, pour l'intérêt général et soi-même. Ne tombons pas dans le volontarisme aigri, ne vendons pas de rêves, dissipons les fatalismes.


Pourquoi ? La question n’est-elle pas en trop ? Comment faire pour intégrer les utopies au quotidien, pour que les initiatives ne soient pas seulement éphémères, affinitaires ou sectorielles, mais relient des objectifs lointains et des tactiques ? Comment unir le pacifisme combatif, les désobéissances, les actions directes diurnes et nocturnes ? Les dynamiques bien organisées changent la conjoncture en profondeur. Je pense que la première tâche est la définition et la mise en place d'espaces et de réseaux communs. Avec envie, humour, respect, en reconnaissant que nous ne sommes pas dans des missions divines. En brillant, mais sans éteindre les autres. En valorisant le local, le terrain, le concret, en étant persuadés que dans les villages, les villes, les provinces, on peut former des groupes ouverts et conséquents, coordonnés entre eux. S’unir pour répondre aux opportunités et aux malheurs, avec des outils activateurs.


Le capitalisme est bien enraciné en Euskal Herria, mais la soif de liberté n'a pas disparu. Les signes d’un tournant sont visibles, ce n'est pas le moment de se retrouver dans l’entre soi. Car, partout, ce sont les minorités agissantes qui œuvrent au changement. Nous n'obtiendrons pas, cette fois-ci non plus, le bonheur et la liberté pour tout le monde, mais nous allons au mieux résister à la charge et renforcer les bases des mouvements populaires. Un cycle nouveau, optimiste, ni micro ni macro, est en route, ici et là.


Sortons des inerties et avançons pas à pas.

Prochains événements

Réunion publique "Solidarité avec les inculpé.es de Berango" / Hitzaldi publikoa "Berangokoekin elka...
Apirila
30
Avril
Baiona(Bayonne)
Mobilisation du 1er Mai / Maiatzaren 1eko mobilizazioa
Maiatza
1
Mai
Baiona(Bayonne)
Mobilisation du 1er Mai à Mauléon / Maiatzaren 1eko mobilizazioa Maulen
Maiatza
1
Mai
Maule-Lextarre(Mauléon-Licharre)
Rassemblements contre la guerre contre le peuple palestinien / Palestindar populuaren aurkako gerla ...
Maiatza
2, 9, 16, 23, 30
Mai
Soirée en soutien à Irulegiko Irratia / Irulegiko irratiaren sostengu gaualdia
Maiatza
2
Mai
Izura-Azme(Ostabat-Asme)
Voir tous les évènements

Thèmes

  • Gaiak / Thèmes
Les filtres ont changés, veiller cliquer sur le bouton de recherche pour actualiser

Logo Diaspora*. Logo PeerTube. Logo Facebook.

  • Connexion

Back to Top

© 2026 Ezkermila