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Canon français : le banquet qui file la nausée

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En novembre prochain, le Canon français, une marque de la galaxie Stérin connue pour les banquets qu’elle organise dans différentes régions, souhaite faire étape à Biarritz. Encore méconnus du grand public jusqu’à très récemment, ces banquets ont pourtant suscité ici et là des réactions et mobilisations et ont fait depuis l’actualité suite à des débordements racistes et homophobes de certains de ses convives. La revue numérique Lundimatin a publié un long article sur le sujet dont nous reproduisons quelques extraits. De quoi alimenter la riposte au Pays Basque...

Antifascisme

Laburpena euskaraz : Heldu den azaroan, "Canon français", Sterin galaxiaren marka batek, eskualde ezberdinetan antolatzen dituen bazkariengatik ezagutua, Biarritzera etortzeko asmoa du . Orain dela gutxi arte jende gehienentzat ezezagunak ziren arren, oturuntza hauek erreakzioak eta mobilizazioak eragin dituzte han-hemenka, eta aktualitatean aipagai izan dira, horien partaide batzuen jarrera arrazista eta homofoboen ondorioz. Lundimatin aldizkari digitalak artikulu luze bat argitaratu du gaiari buruz, eta horren zati batzuk publikatzen ditugu. Euskal Herrian ere erantzuna prestatzeko gisan...

11-05-2026
Grain à moudre

Faire du blé avec le travail des autres

Le Canon français sait y faire avec les médias. Cela se voit surtout par les éléments de langage constants distillés dans leurs différentes interventions : toutes leurs sorties presses contiennent les mêmes arguments lancées avec la forme volontairement imparfaite du langage parlé (qui fait plus authentique, n’est-ce pas ?), et l’air de petit bonhomme boudeur qui ne demande qu’à travailler pour que les gens s’amusent. L’intérêt de cette constance c’est qu’on commence à les voir venir. Ainsi, « On est une entreprise qui travaille, qui embauche. Pas mal de monde dépend de nous. On passe des commandes immenses à des fournisseurs locaux dans chaque région où nous allons »

(…)

À y regarder de plus près, le Canon français est un mélange entre une marque et une start-up. Comme Nike, leur fonction est essentiellement de gérer la marque et de coordonner les différents sous-traitants et fournisseurs. Comme Nike qui n’a pas d’usine, le Canon français n’a pas de cuistot, pas d’équipe de service, pas d’hôtes, pas de lieu. Pour tout cela ils comptent sur les autres. Et comme une start-up le Canon français fait payer cher ce qui existe déjà en gratuit ou à des tarifs abordables, en enrobant le tout d’une histoire, d’un récit sur les français-béret-pinard-bons-vivants, d’un storytelling banal d’une marque qui appelle « concept » le fait de vendre pour le prix d’un pass navigo mensuel ce que toutes les asso de Bretagne font à 25 euros maximum.

Gardons cela en tête : ce que propose le Canon français ce n’est pas une bonne bouffe joyeuse en bonne compagnie, c’est un récit sur ce que doit être une bonne bouffe joyeuse et sur qui est la bonne compagnie. Le reste, ce sont des prestataires qui le font, les fameux « locaux ». Il est bien connu que les petits producteurs sont en mesure de fournir d’un coup de quoi nourrir 1500 convives.

 Les aristos jouent au bas-peuple, ou la pseudo-simplicité de la franchouillardise vociférante

(...)

Élément de langage :
« Notre idée, c’est d’apporter de la joie et des sourires chez les gens qui viennent à nos banquets. On le fait avec nos tripes. On ne fait pas de politique. On dit aux gens qui critiquent “Venez voir” ». Difficile de répondre « non » à l’appel de la joie et à l’offre des sourires, car qui oserait refuser le plaisir d’un banquet ? Les pisse-froids, les aigris, les bougons, les ascètes et sans-plaisirs, la foule des empêcheurs de kiffer en rond, il n’y a que ces rabats-joie qui rechigneront, n’est-ce pas ? C’est bien cela qui se joue avec le Canon français : qui peut bien refuser de participer à une soirée vieille France « qui sent la naphtaline » organisée par un ex-BDE d’école de droit ou de commerce ? On se le demande bien. Certains observateurs perspicaces le disent d’ailleurs : l’une des opérations conservatrices de la période est la confiscation de l’imaginaire de la vitalité et, du même mouvement, l’organisation d’un tri social, discret et sans coercition (pour l’instant) : il y a ceux qui jouissent d’un bon repas en bonne compagnie et ceux qui maugréent seuls dans leur coin contre les premiers. Il y a les jouisseurs qui se bâfrent de cochonnaille en siphonnant des kils sur un fond de lacs du Connemara et puis il y a les aigris qui mangent des légumes bouillis en buvant de la tisane. De là à penser que l’absence d’option végétarienne ou végane serait fortuite ? Ce serait de la médisance.
(...)

Stérin, l’actionnaire inconnu

Mais revenons-en au cadre entrepreunarial. Pierre-Édouard Stérin est aujourd’hui connu pour son engagement politique et financier : en préparant le plan dit « PERICLES », le richissime catho-réac vise à faire élire 300 nouveaux maires d’extrême droite aux prochaines élections municipales. Pour cela, notamment, il finance largement de nombreuses initiatives économiques et associatives qui portent des valeurs et des pratiques conservatrices, voir fascisantes.

On imagine que c’est par le plus grand des hasards que ledit milliardaire a racheté BLT investissement l’entreprise qui détenait Le Canon français. Le prix de ce rachat est inconnu mais la hausse subite du capital des entreprises individuelles de Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse (Boisse SAS, capital : 463.000 €) et Géraud du Fayet de la Tour (Turrim EURL, capital : 370.000 €) nous permet de faire l’hypothèse raisonnable d’une fourchette d’une vente entre 800.000 et 1.000.000 €, une paille.

Éléments de langage :
« Pierre-Édouard Stérin on ne le connait pas. Nous avons traité avec un de ses fonds capitalistiques qui est entré dans notre capital ». Peu nombreuses sont les fois où Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse et Géraud du Fayet de la Tour nomment le milliardaire. Ils usent plus souvent de circonlocutions de type « notre nouvel actionnaire » quand ils sont contraints d’évoquer les critiques ou certaines enquêtes. Dans leurs communications, ils mettent constamment une distance entre Pierre-Édouard Stérin et et eux, comme pour signifier que ce rachat n’est rien d’autre qu’un transaction financière sans conséquence. Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse, répétait encore « Stérin a un projet, mais ça ne nous concerne pas. C’est chiant d’avoir l’étiquette d’extrême droite parce que ce n’est pas du tout notre délire ! »
(…)

 Rôle du Canon français : rassembler une communauté, cliver et normaliser la présence de l’extrême droite

On a souligné plus haut l’insistance de Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse et Géraud du Fayet de la Tour sur l’air de « on ne fait pas de politique ». Les deux hommes rappellent d’ailleurs que contrairement à eux, nombres de festivals organisent des tribunes politiques (en prenant l’exemple de We Love Green), tandis que beaucoup de leurs soutiens font référence à la fête de l’Huma, bien plus politisée que les ripailles du Canon français. Leurs opérations de relation publique via une communication fréquente sur les réseaux sociaux et dans la presse locale, jouent beaucoup de cette apparence non-politique. Et il est vrai que beaucoup des arguments utilisés ici doivent faire appel aux angles morts, à l’analyse des choix de cadrages de leurs discours, aux faisceaux d’indices concordants, et à leurs relations et aux sorties de leurs clients moins discrets pour pouvoir affirmer le rapport entre le Canon français et l’extrême droite.

Cette angle de communication leur donne la possibilité de nier toute critique politisée et de renverser l’argument sur l’air de « vous faites de la politique, nous voulons juste donner du plaisir aux gens ». Leurs prises de paroles cherchent ainsi à faire paraître les critiques pour des anti-tout. Ici ils disent qu’ils n’ont pour seul objectif que de donner de la joie et se déclarent victimes d’attaques « lunaires ». Là ils communiquent en disant que parce qu’ils servent du cochon ils sont perçus comme anti-musulmans faisant dire à leurs critiques ce qu’ils n’ont pas dit. Et les exemples de ce type sont nombreux, dessinant, à force, des lignes de fracture qui engagent des acteurs locaux : maires, fournisseurs, entrepreneurs et citoyens locaux sont dorénavant invités à se positionner à presque chaque banquet. Le flou qui entoure leur engagement pour le grand public fonctionne comme un outil stratégique à double objectif : rassembler une communauté autour d’un moment réputé joyeux et populaire (sic !), constituer sans la nommer la figure des ennemis du bien-vivre et des empêcheurs de tourner en rond.

On a vu que la création d’une communauté était une des visées explicite des fondateurs. Comme tout entrepreneur-influenceur pourra-t-on dire, si ce n’est que cette communauté cherche à présenter une certaine forme de sociabilité — celle du BDE d’une école de commerce faisant une soirée d’intégration sur le thème de la bonne franquette sauce Vichy — comme étant LA forme de plaisir qu’il faudrait instaurer comme norme. Et ces soutiens et clients ne s’y trompent pas lorsqu’ils disent par exemple : « C’est un repas comme on aime, parfait, entre patriotes. Des bonnes valeurs, du bon terroir, c’est ce qu’on aime ! » (Un banquet géant pour fêter la fin des vendanges, Le Journal de Saône et Loire]]

C’est probablement là qu’il faut trouver la fonction des banquets du canon français : non pas comme un meeting politique, mais comme l’organisation au grand jour d’espaces où les sociabilités réactionnaires, voir fascistes, peuvent se vivre comme une norme et dont le caractère clivant viendrait en fait de la gauche grincheuse, de « certaines gauchiasses qui veulent nous emmerder ». Ce faisant, et à mesure que les oppositions se font jour, les banquets viennent travailler les rapports de forces locaux en poussant les institutions publiques et privées à prendre partie pour eux et contribuer ainsi à leur normalisation. L’augmentation de la jauge des repas, laisse suggérer l’idée d’une adhésion croissante à ce type de réjouissances. On constate pourtant que leur clients sont fidèles : argentés, ils se déplacent de lieux en lieux et collectionnent même des badges qu’ils arborent fièrement pour montrer la quantité de banquets auxquels ils ont participé.

La pratique du Canon français, comme du reste des initiatives culturelles de la galaxie Stérin, est une forme d’entrisme visant à capturer et à redéfinir les orientations historiques et culturelles d’usages populaires grâce, notamment, à des arguments économiques. Le procédé de fond est d’ailleurs le même que celui du label Les plus belles fêtes de France qui a tenté de faire entrer de nombreuses fêtes locales implantées de longue date dans un ensemble portant un discours conservateur en faisant croire qu’il aurait une adhésion large et populaire.

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