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PALESTINA – La paysannerie est au coeur des enjeux de la Palestine

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"Dans les zones colonisées comme la Palestine, on ne parle pas assez des paysan·nes, alors que ce sont elle·eux qui sont en première ligne. En ville, dans les zones A (sous autorité palestinienne), même si la situation est très dure, la situation semble moins violente que ce que les paysan·nes qui sont dans les territoires en zone C (sous contrôle israélien) vivent." Article paru dans l'hebdomadaire LABORARI ()

Solidarité internationale

{up readmore=Laburpena euskaraz | textless=Laburpena hetsi | class=up-readmore resume-eus}Fanny Métrat Conf’eko nazioarteko komisioan da. Via Campesinako laborari europarrekin Palestinara joan zen pasa den abenduan.{/up readmore}

10-04-2025
Entretiens

Peux-tu te présenter ?
Je suis paysanne en Ardèche avec des brebis viande et des châtaignes et je suis membre de la Confédération paysanne. Depuis une quinzaine d'années, je suis assidûment la Commission Internationale de la Conf'.
Depuis le 7 octobre, on observe de très près ce qu'il se passe à Gaza et en général dans toute la Palestine. On était très souvent en réunion avec les camarades palestien·nes membres de la Via Campesina (VC), qui font partie de l'Union des comités de travail agricole en Palestine (UAWC). On se disait qu'il fallait y aller pour apporter notre soutien inconditionnel au peuple palestinien, et tout particulièrement aux paysan·nes. Aller constater la réalité permet d’en témoigner ensuite. En tant que VC, on aurait aimé que des délégué·es d'Afrique, d'Amérique Latine, d'Asie puissent venir, mais comme rentrer sur le territoire Israélien est très compliqué, pour ne pas mettre en péril ces délégué·es, on a imaginé une délégation uniquement européenne (Pays basque, Galice, Italie, Portugal, Irlande et France).

Quels étaient tes objectifs en allant là-bas ?
Très individuellement, j'avais une colère immense en moi, qui m'engloutissait. La façon dont les politiques et les médias en France se sont emparés du sujet, en orientant complètement leur propos, me faisait bouillir. J'avais une telle honte d'être française, de me dire que le gouvernement continue d'armer le génocide. J'ai ce besoin de me mettre en action, ça me permet d'évacuer cette colère pour la transformer en quelque chose de constructif. La Conf’ et la VC me permettent de transformer cette colère en rage, de construire des passerelles et d'imaginer des choses à plusieurs. Se mettre en mouvement, ça permet même d'éviter de devenir con. Pour moi, aller là-bas et voir ce peuple d'une humilité, d'une intelligence collective incroyable, ça m'a fait un bien fou. Ça m'a redonné espoir en l'humanité, de voir que même en vivant le pire, les gens étaient solidaires, humbles, et développent des formes d'intelligences collectives incroyables.

Vous avez été témoins des enjeux et difficultés des paysan·nes en Palestine. Dans quel état est leur agriculture à l'heure actuelle ?
Dans les zones colonisées comme la Palestine, on ne parle pas assez des paysan·nes, alors que ce sont elle·eux qui sont en première ligne. En ville, dans les zones A (sous autorité palestinienne), même si la situation est très dure, la situation semble moins violente que ce que les paysan·nes qui sont dans les territoires en zone C (sous contrôle israélien) vivent. Pour nous, il était primordial de dire que les paysan·nes sont parmi les premier·es concerné·es dans les zones de conflit, et pourtant ce sont celles et ceux que l'on entend le moins. Quand Israël accapare toute la vallée du Jourdain, accapare les meilleures terres, empêche les paysan·nes de faire pâturer ou d’accéder à leurs oliviers, on enlève au peuple palestinien la capacité de se nourrir. C'est un génocide lent qui se passe en Cis-Jordanie. Par de l'usure permanente, on les empêche de subvenir à leurs besoins. La paysannerie est au coeur des enjeux pour la Palestine, et au coeur des enjeux d'Israël pour réussir à contrôler le pays. Contrôler l'agriculture, c'est l'utiliser comme arme de guerre. La banque de semences est un symbole fort à cet égard et l'UAWC est considérée comme une organisation terroriste par Israël. Pourtant, cela fait plus de 75 ans que les palestinien·nes résistent pour exister. C’est un peuple en résistance qui a été obligé de construire des solidarités. On le sent chez les gens. Et même quand on a passé des journées à être complètement plombé, à se dire que finalement il n'y a aucun espoir, malgré tout on revient avec une force incroyable en nous parce qu'on se dit qu'iels sont toujours debout, et rient. Je n'ai jamais autant ri qu'en Palestine, et on a été accueilli sans condition. Ça rend admiratif de la grandeur d'esprit du peuple palestinien, et à la fin du voyage, c'est ça qu'on retient.

D'autant que la Palestine pourrait être quasiment souveraine alimentairement.
C'est incroyable. Quand le ministre palestinien de l'agriculture nous l'a dit on y croyait à peine. La vallée du Jourdain était jusqu'à lors le grenier de la Palestine,. Il est aujourd'hui complètement accaparé, dévasté. Le Jourdain, qui était il paraît un fleuve incroyable, ne ressemble plus à rien d'autre qu'un petit ruisseau tellement son eau est pompée par Israël pour de l'irrigation de cultures ultra-intensives. Pour vouloir la mort d'un peuple, tu touches à l'agriculture, aux terres et aux ressources, et il n'y a plus rien. On le perçoit même en ville où la plupart des produits que l'on peu trouver sont israéliens. Il faut donc consommer la nourriture du colon. Ça crée un schisme hallucinant auprès des populations.

“C’est un génocide lent qui se passe en Cis-Jordanie. Par de l’usure permanente,on les empêche de subvenir à leurs besoins.”

Tu as rencontré aussi des éleveur·ses ?
Les éleveur·ses que l'on a rencontré sont surtout des bédouin·es, des nomades, qui sont complètement acculé·es de nos jours. Le jour où l'on a rencontré une famille d'éleveur·ses bédouin·es dans la vallée du Jourdain a été un des plus difficiles pour moi. Cela faisait plus d'un an que leurs brebis n'étaient pas sorties. Normalement, les troupeaux se déplacent en fonction de la ressource, mais comme tous les pâturages sont accaparés, ils sont dans l'impossibilité de transhumer. Les bédouin·es font partie de la population la plus précaire de Palestine. En sachant que dans la vallée du Jourdain se trouve une partie des colons les plus radicaux du pays. Le niveau de violence y est très élevé. Toutes les petites infrastructures qui permettent de survivre (panneaux solaires, construction de puit, etc) sont en permanence détruites. On se demande comment les communautés bédouines peuvent continuer à survivre ainsi…

Comment être solidaires depuis chez nous ?
Déjà, il est clair que dans un pays comme la France, qui est pro-israélien, il y a un gros travail pour dénoncer ce qu'il se passe et répéter qu'il ne s'agit pas là d'une guerre de religion, mais bien d'une guerre de colonisation. À nous de réussir à déconstruire et contourner le discours dominant. C'est pour cela par exemple que sur le stand de la Confédération paysanne au Salon de l'Agriculture cette année à Paris, on a invité l'UJFP (l'Union Juive Française pour la Paix), qui est une organisation juive qui milite pour la reconnaissance de l'État palestinien, pour le soutien au peuple de Palestine, et qui se positionne clairement contre le gouvernement sioniste de Netanyahou. Mais il y a aussi d'autres pistes. Par exemple à la Conf’, on essaye de renforcer la campagne de volontaires pour la saison des olives, pour servir de “bouclier humain” en tant qu'européen·ne et permettre aux paysan·nes d'accéder à leurs oliviers. On travaille aussi sur des actions juridiques pour attaquer les importations israéliennes. Comme pour le dossier sur le Sahara Occidental, que l'on vient de gagner après douze ans de bagarre juridique, il y a des failles qui prouvent que les importations des colonies israéliennes seraient illégales. Donc il y a des pistes concrètes qui sont travaillées. Au niveau de la Via Campesina, nous essayons de faire un maximum de bruit depuis chacun de nos pays, dans chacune de nos organisations, mais il y a aussi tout un travail qui est fait au niveau de l'ONU, auprès de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), pour faire entendre la voix des paysan·nes palestinien·nes.

Pour lire le Carnet de bord de deux paysannes en Palestine de Fanny et Morgan :
https://blogs.mediapart.fr/fanny-et-morgan/blog

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Appel urgent : Rejoignez la campagne internationale des volontaires de l'UAWC pour défendre les paysan·nes palestinien·nes
Chers amis et partenaires,
Nous vous écrivons pour vous faire part d'un appel urgent à l'action lancé par l'Union of Agricultural Work Committees (UAWC).
Alors que la violence des colons israéliens et des forces d'occupation continue de s'intensifier en Cisjordanie, les agriculteurs, les éleveurs et les communautés rurales palestiniens sont quotidiennement attaqués, confrontés au vol de leurs terres, à la démolition de leurs maisons et à la destruction de leurs récoltes et de leurs moyens de subsistance.

En réponse à cette situation, l'UAWC lance une campagne internationale de volontaires pour assurer une présence protectrice et solidaire auprès de ces communautés. Nous faisons appel à des partenaires et des alliés de confiance pour nous aider à faire passer le message et à identifier des personnes engagées qui sont prêtes à se tenir aux côtés des agriculteurs palestiniens sur le terrain.

À propos de la campagne

Dans le cadre de cette initiative, l'UAWC déploiera des volontaires internationaux pour :
- Accompagner les agriculteurs et les éleveurs palestiniens dans les zones à haut risque ciblées par la violence des colons ;
- Documenter et rapporter les violations des droits de l'homme et la confiscation des terres ; et soutenir les communautés dans leur lutte pour rester sur leurs terres et défendre leur droit à la souveraineté alimentaire.
 
La campagne se déroule en deux phases : Les boucliers de solidarité pendant l'été (juillet-août) et la récolte des olives à l'automne (octobre-novembre).

Qui peut se porter volontaire ?

Nous recherchons des personnes profondément engagées dans la cause palestinienne, désireuses d'agir de manière responsable et respectueuse au sein des communautés palestiniennes, et pleinement conscientes des risques et des défis liés à ce travail.

Il ne s'agit pas d'un programme touristique ou de développement, mais d'une campagne de solidarité visant à résister au déplacement continu des communautés palestiniennes par les colons de l'occupation israélienne. Les volontaires recevront une orientation et une formation de la part d'UAWC et de nos partenaires.

Comment s'impliquer ?

Si vous ou quelqu'un de votre réseau souhaitez participer à cet effort crucial, veuillez consulter le site https://uawc-pal.org/volunteer/ pour en savoir plus et remplir le formulaire d'intérêt pour le volontariat international International Volunteer Interest Form

Les personnes intéressées qui se sont inscrites seront contactées au début du mois de mai 2025.

Aidez-nous à faire passer le message !

Nous vous demandons de diffuser largement cet appel au sein de vos organisations, réseaux et communautés. Aujourd'hui plus que jamais, les agriculteurs palestiniens ont besoin de la solidarité internationale pour résister aux déplacements forcés et défendre leur droit à la terre et à la dignité.

Si vous souhaitez vous associer à cette campagne ou en discuter plus avant, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : .

Nous vous remercions pour votre solidarité et votre soutien continus.

Dans la solidarité et la lutte,
Union des comités d'entreprise agricole (UAWC)

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